Contemporain·Non classé

Il nous restera ça – Virginie Grimaldi

Titre : Il nous restera ça

Auteur : Virginie Grimaldi

Édition : Fayard

Genre : Contemporain

Pages : 385

Parution : 4 mai 2022

À 33 ans, Iris trimballe sa vie dans une valise.


Théo, 18 ans, a peu de rêves, car ils en foutent partout quand ils se brisent.


À 74 ans, Jeanne regarde son existence dans le rétroviseur.


Rien ne les destinait à se rencontrer.


Quand le hasard les réunit sous le même toit, ces trois êtres abîmés vont devoir apprendre à vivre ensemble. La jeune femme mystérieuse, le garçon gouailleur et la dame discrète se retrouvent malgré eux dans une collocation qui leur réserve bien des surprises.


C’est l’histoire de trois solitudes qui se percutent, de ces rencontres inattendues qui sonnent comme des évidences.

Chaque année, j’attends avec impatience la sortie du livre de Virginie Grimaldi. Pour certains, c’est juste une auteure à la mode, pour moi, c’est tellement plus que ça. Alors qu’elle n’était pas très connue, j’avais déjà dévoré son premier livre et complètement accroché à sa plume. Depuis, je ne loupe plus rien, même ses posts sur Instagram qui me font beaucoup rire ou me touchent, comme ces livres. En plus, dès que j’ai lu le pitch de Il nous restera ça, j’ai eu tellement envie de découvrir l’histoire de ces 3 personnages…

Il y a Jeanne, 74 ans, veuve depuis peu qui peine à payer les factures qui s’entassent dans sa boîte aux lettres. Les comptes, c’était son mari qui les faisait, elle repousse l’échéance, mais elle n’a plus le choix. Elle ne veut pas vendre l’appartement qu’elle habitait avec l’amour de sa vie, il est encore partout, autour d’elle, elle va devoir trouver une autre solution. Elle va donc décider de louer une chambre qui ne lui sert pas vraiment. Alors qu’elle pensait trouver personne, en quelques minutes, elle va devoir choisir entre deux personnes : Iris et Théo.

Théo, 18 ans, apprenti pâtissier dans une boulangerie à quelques rues de chez Jeanne. Il n’a pas le choix, il doit trouver d’urgence un logement, avec le maigre salaire de son apprentissage, la chambre de Jeanne serait parfaite. Enfant qui a erré dans un foyer, à sa majorité, il a dû se débrouiller, mais sans personne pour l’aider, tout est compliqué.

Iris, 33 ans, auxiliaire de vie depuis peu, doit, elle aussi, trouvé un logement d’urgence, elle doit partir de celui qu’elle a loué en urgence, elle n’a que quelques jours pour réagir. Elle a fui son ancienne vie avec seulement une valise. Perdue, craintive, elle doit faire face à cette nouvelle vie, seule, l’annonce de Jeanne tombe à pic…

Mais Jeanne ne peut pas choisir entre Théo et Iris, ces deux personnes qui ont tellement besoin de sa chambre. Elle va donc réussir à s’arranger et les prendre tous les deux.

C’est le début d’une colocation entre ces trois personnes, tous plus ou moins unis par une seule chose : la solitude…

Tout au long de notre existence, nous rencontrons des milliers de personnes. Ce sont d’invisibles lignes qui se créent entre elles et nous, et qui construisent l’être que l’on est. Certains liens sont éphémères, d’autres sont durables, tous exercent une influence sur notre existence. De la personne avec laquelle on échange quelques mots dans une file d’attente à celle avec qui on choisit de partager un bout de chemin.

Il y a les visages que l’on croise et ceux qui restent. Il y a les visages que l’on choisit et ceux qui s’imposent. Il y a les visages que l’on oublie et ceux qui nous marquent.

Il y a les visages que l’on croise plusieurs fois.

Ce livre est un énorme coup de cœur, il vient directement dans le top 3 de mes livres préférés de cette auteure. Encore une fois, j’ai tout aimé dans cette histoire, les personnages sont tellement vrais, les émotions tellement bien décrite, qu’on ne peut que s’attacher à eux. Ils m’ont tous les trois touchés sans exception.

Jeanne, par son amour pour son défunt mari. Des âmes sœurs, ils ont toujours été fusionnels, ils faisaient tout ensemble. En perdant son mari, Jeanne a perdu une partie d’elle et surtout, elle se sent plus seule que jamais. Elle n’a plus personne, ayant connu les décès de ses proches tout au long de sa vie. Elle n’a que sa petite chienne Boudine qui lui tient compagnie. Jeanne est une personne très gentille par nature, par éducation, elle ne laisse pas les autres dans le besoin et est très à l’écoute, même si elle-même est en plein deuil.

Le pluriel était devenu singulier. C’était le même décor, les mêmes heures, pourtant tout sonnait creux. Même la mélancolie avait disparu, comme si toute sa vie avait été un entraînement au deuil qu’elle affrontait.

Iris, celle qui m’a le plus touché, parce que son histoire, j’en ai connu quelques parties… Je ne m’attendais pas à retrouver ce sujet dans ce livre. Elle a vécu avec un manipulateur, comparable à un pervers narcissique. Elle a bien sûr connue l’amour à ses côtés au début de sa relation avec lui, puis elle s’est vite retrouvée en enfer. Certains passages de son histoire m’ont bouleversés, m’ont pris aux tripes, tant son histoire est réelle, tant son histoire ressemble à ma réalité et à mon passé. Au-delà de ça, c’est aussi un personnage très attachant. Elle est plutôt craintive à cause de son passé, mais toujours bienveillante, elle veut aider les autres, c’était son premier métier, ça l’est toujours avec ce second métier. Même dans la colocation, elle reste prévenante et à l’écoute des autres. Le personnage d’Iris pourrait bien vous réserver quelques surprises…

Il était mon bourreau et mon sauveur. Le couteau et le pansement. Il ne m’a pas fallu longtemps pour que je croie plus en lui qu’en moi. Pour me persuader que, sdans lui, je n’étais capable de rien. Que lui seul pouvait me comprendre. M’aimer. En trois ans, il a réussi à briser ce que j’avais mis trente ans à construire.

Et puis il y a Théo, qu’est-ce que j’ai aimé les passages de Théo. Mon petit chouchou, je crois, il est vraiment touchant lui aussi. Il a déjà vécu tellement de mauvaises choses du haut de ses 18 ans. Allers-retours entre les foyers et sa mère alcoolique. Il a déjà connu beaucoup de désillusion. Mais même s’il évite de rêver trop forts pour ne pas tomber de haut, il continue de se battre, il veut s’en sortir et il a une force incroyable. Sa jeunesse se ressent dans ses pensées et dans ses paroles. C’est avec les passages de ce personnage que j’ai le plus rigolé. Avec ces expressions de jeunes, des « frères » qu’il balance à tout le monde, même à Jeanne. Vraiment, malgré son histoire difficile, j’attendais les passages sur lui parce que je savais que je rirais au moins une fois dans le chapitre.

– Le quoi ?

– Le seum. Je suis en PLS quoi.

– Mon Dieu, je crois que je fais un AVC. Je ne comprends rien à ce que tu dis.

Je me rends compte que rien qu’en parlant des personnages, je vous ai déjà écrit un roman. J’ai tellement de choses à dire sur ce livre, je vais quand même essayer de condenser (je ne vous promets rien).

Ce livre, j’ai hésité à prendre mon temps ou à le dévorer. Mais je suis tellement bien, sereine, comme dans un cocon quand je lis un livre de Virgine Grimaldi que les pages ont défilés sans que je m’en rende compte. Et pouf, c’était déjà fini, je devais dire au revoir à Jeanne, Théo et Iris.

La plume de l’auteure est, bien sûr, toujours égale à elle-même, entre émotions et punchlines, dont elle seule à le secret. Vraiment, je ne sais pas où elle les trouve mais, c’est une des raisons principales qui me fait aimer cette plume si particulière. Le mélange est toujours parfaitement dosé, parce qu’il y a aussi beaucoup d’émotions avec nos trois héros que la vie n’a pas épargnés… Elle sait jouer avec les mots, les adoucir, nous faire rire ou au contraire, nous mettre les larmes aux yeux et serrer notre cœur. Mais j’ai toujours un sentiment de plénitude en lisant ses livres.

Nombreux sujets sont abordés dans ce livre, la vie en foyer, l’alcoolisme, le deuil, la manipulation et encore d’autres que je préfère taire pour ne pas révéler certaines choses.

Dans ce dernier livre, Virginie Grimaldi a choisi pour thèmes la solitude, mais surtout les rencontres. Celles que la vie nous réserve, celles du hasard, celles qui peuvent changer notre vie.

Chaque fois que je plonge dans un livre de Virginie Grimaldi, je plonge dans ma bulle, dans mon cocon en sachant que je passerais un merveilleux moment. Ce livre fait désormais partie de mes préférés, il contient tout ce que j’aime. Indéniablement, mon auteure favorite, ce livre me le confirme une nouvelle fois. Si vous n’avez encore jamais lu de livre d’elle, foncez, vous comprendrez tout ce que j’ai essayé de vous dire pendant cette (trop) longue chronique.

Une magnifique histoire de trois héros cabossés par la vie, des thèmes difficiles qui vous serreront le cœur, mais l’humour et l’amour de la plume de l’auteure pour les adoucir. Un pur moment de bonheur, de délicatesse et d’amour.

3 réflexions au sujet de « Il nous restera ça – Virginie Grimaldi »

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