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Ce qu’il reste de la Grineraie – Julie Madon

Titre : Ce qu’il reste de la Grineraie

Auteur : Julie Madon

Édition : Eyrolles

Genre : Contemporain

Pages : 275

Parution : 8 janvier 2026

27 juillet.

Ambre, dix-sept ans, contemple les champs de vignes depuis la banquette arrière. Quand les roues crissent sur le gravier, accourent le grand-père, les oncles et tantes, les cousins. Derrière eux, la Grineraie, inébranlable — la maison d’enfance chérie, théâtre des vacances éternelles.

Commence un long été, un été de torpeur joyeuse et de repas interminables. Un été comme les autres ? C’est sans compter sur la découverte, dans un recoin méconnu du grenier, d’un étrange objet. D’où vient-il ? Qui en est le propriétaire ?

23 juillet.

J’ai seize ans et cet été, je travaille aux vignes pour monsieur Fermant. J’aide aussi le paternel à retaper notre chez-nous. Bientôt une chambre pour les deux cadettes ! Cet été s’annonce sans saveur. Je compte déjà les semaines avant la rentrée. Mais l’arrivée des vacanciers, dans la maison voisine, va occuper mes soirs et agiter mes jours. Qui sont-ils ? À quoi ressemble leur vie, si loin, si près ? Ambre et lui. Deux étés. Deux vies parallèles, qui vont bientôt se heurter l’une à l’autre, dans un coup de tonnerre, un renversement, un tremblement de terre. Deux vies pour raconter ce qu’habiter veut dire, ce que les maisons taisent entre leurs quatre murs.

Merci Eyrolles

Dès la lecture du résumé, ce livre m’a clairement appelé. Sans savoir pourtant où j’allais avec cette lecture, la Grineraie et ses habitants m’ont complètement charmé.

2012, Ambre à 17 ans, elle est sur la route des vacances avec son frère et son père, direction la Grinerais, la maison familiale. Là-bas, elle y retrouve son grand-père, ses cousins et ses oncles et tantes. La Grineraie, c’est la maison de son enfance, elle a l’odeur des vacances, de ces moments de bonheur partagés en famille. Elle connaît chaque recoin, la marche qu’il faut sauter dans l’escalier, le couloir à la moquette bleue, baba le bahu dans la chambre qu’elle partage avec son cousin. Il y a cependant un endroit qui était encore inconnu pour elle, une partie du grenier qu’elle n’avait jamais remarquée, découverte cette année-là par son petit cousin. Elle va y trouver une maison de poupée, réplique de la maison qu’elle aime tant, et surtout, elle va y trouver un carnet. C’est un adolescent presque de son âge qui a griffonné les pages, mais elle n’a aucun nom, aucune date, pourtant ce carnet va l’accaparer toutes les vacances…

Avec Arthur, il y a quelques années encore, ils jouaient aux noiraudes de Totoro, s’envoyant depuis le grenier des glands scintillants qui rebondissaient sur les marches jusqu’à atterrir dans le couloir.

Je ne saurais trouver les mots justes pour vous parler de ce livre. Quelle beauté, j’ai tellement aimé cette histoire.

Je me suis beaucoup retrouvé dans l’héroïne Ambre, que ce soit à l’adolescence ou à l’âge adulte. Ambre voit les choses différemment, vit les choses plus fort, elle est souvent dans sa bulle, ce qui a tendance à agacer une de ses tantes. Ambre voit la beauté des choses, même les plus petites, elle ne s’intéresse pas vraiment aux mêmes choses que ceux de son âge, il y a comme un décalage. Elle va s’absorber dans la lecture de ce carnet, elle va vouloir à tout prix en connaître l’histoire, retrouver, au moins, le nom de celui qui l’a écrit. Ambre nous parle de ce qu’elle aime, de ce qu’elle n’aime pas, de ses sentiments, de ses émotions, de son amour pour la Grineraie, de l’attachement qu’elle a pour sa famille. Bref, Ambre m’a touchée tant elle me ressemble, tant on arrive à ressentir ce qu’elle ressent, à plonger au cœur de ses émotions.

J’ai aimé cette famille, dans laquelle j’ai eu l’impression de faire parti l’espace de quelques heures. Il y a le grand-père, qui explique toujours plein de choses en y passant des heures. Les jumeaux Xavier et Libette, le père et la tante d’Ambre, qui eux aussi sont très attachants. Le Toche, mon oncle préféré de l’histoire, celui qui est discret, le rigolo qui fait la cuisine à merveille et qui passe son temps à cacher ses émotions, celui du milieu. Et Frédérique, la tante un peu plus sévère, l’aînée de la fratrie. Et puis les cousins. Des personnages tous plus attachants les uns que les autres.

D’ailleurs, il y a un personnage à part entière dans cette histoire, la Grineraie, la maison en elle-même a une âme, elle a emmagasiné des tas d’histoires, des tas de souvenirs. Elle a ses particularités, que les habitants connaissent par cœur, elle réunit les familles et permet des bons moments. Je m’y suis senti tellement bien dans cette maison, j’avais l’impression d’y être et surtout l’envie de rester.

C’est la maison de l’éternité, où l’on hume le parfum des enfances qui ne fanent jamais ; où les objets restent les mêmes, à leur place, rassurants ; où l’on pêche les souvenirs, glissés dans chaque repli du placard, dans les coins d’étagères, sur l’égouttoir de la cuisine, sous le tapis plein de poussière. Le temps s’écoule et la Grineraie tient toujours debout, magistrale, archive des temps anciens qu’elle ressuscite chaque été comme si de rien n’était.

Je n’ai pas envie d’en dire plus sur l’histoire, j’ai envie de vous donner envie, comme moi, de pousser la porte de la Grineraie et d’y découvrir ce qui s’y passe et ce qui s’y est passé. Je ne savais pas où j’allais en commençant ce livre, et je me suis laissé porter par l’histoire. Je l’ai dévoré, n’ayant qu’une hâte, percer les secrets de la Grineraie.

Ce qui m’a vraiment plu aussi dans ce livre, c’est la plume de l’autrice. Je la découvre complètement et elle m’a impressionnée. C’est beau, poétique, profond, intimiste, vraiment, je suis très fan de l’écriture de ce livre, il y a quelque chose d’immersif, quelque chose qui m’a fait vibrer et m’a complètement happé dans l’histoire.

Il ne se sent pas à sa place dans cette maison, Arthur, il ne sait pas vraiment où se mettre ni comment s’accomoder de cette culture familiale pesante, des ces traditions qui l’encombrent : les anecdotes que l’on répète en boucle, la répartition immuable des rôles et des caractères, les expression partgadées et les rituels quotidiens, tous objets d’une religion commune dont il se sent exclu.

Un coup de cœur pour cette histoire, j’ai été complètement charmée par la Grineraie et ses habitants. D’ailleurs, la maison est un personnage à part entière de l’histoire, elle garde les secrets, elle rassemble les gens, on s’y sent bien. J’avais l’impression d’y être, de devoir sauter la marche de l’escalier, de fouler la moquette bleue et d’observer Baba le bahu. J’ai aimé tous les personnages de cette histoire, ils apportent tous quelque chose, avec leurs différences, c’est une famille dans laquelle on se sent bien. J’ai eu un coup de cœur pour Ambre, l’héroïne, je me suis beaucoup retrouvé en elle, elle est souvent dans sa bulle, en décalage avec les autres. Peu intéressée par les mêmes choses que ceux de son âge, elle aime apprendre, elle aime la simplicité, elle voit la beauté des choses, elle a un attachement profond pour la Grineraie. Et surtout, elle va vouloir percer les secrets du carnet qu’elle a trouvé, elle va vouloir reconstituer l’histoire de la maison qu’elle aime tant et des habitants qui y vivaient avant elle. Une fois commencé, impossible de lâcher cette histoire, j’avais envie d’en savoir plus, le suspense est là, je voulais, comme Ambre, savoir à qui appartenait ce carnet. C’est une histoire qui sent bon l’été, la nostalgie, l’insouciance. Nos étés d’enfants ou d’adolescents, la chaleur du soleil, les bons souvenirs qu’on se crée en famille, les confidences dans le noir et les jeux qu’on partage. J’ai eu un coup de cœur pour la plume de l’autrice, je l’ai trouvée magnifique, poétique, intimiste, elle nous embarque avec elle, nous fait tout ressentir grâce à la beauté de ses mots. Je serais bien resté à la Grineraie, cette maison qui a conquis mon cœur tout comme les habitants qui y ont vécu… C’est un livre qui m’a apporté un peu de nostalgie, qui m’a ramené un peu dans le passé, dans mes étés d’enfant, un vrai rayon de soleil en ce début d’année.

2 réflexions au sujet de « Ce qu’il reste de la Grineraie – Julie Madon »

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