
Titre : Les Mystères d’Eversand, tome 1 : La suivante
Auteur : Victor Dixen
Édition : Robert Laffont
Genre : Historique Fantastique
Pages : 360
Parution : 2 avril 2026


Birdie Baker, étudiante sans le sou, tombe sur une offre d’emploi de « suivante » pour une vieille dame habitant l’État de Rhode Island. En plein janvier, elle débarque à Eversand, presqu’île au charme suranné où semble régner un printemps perpétuel : c’est le fief des Rosemore, très puissante et très secrète dynastie de la old money américaine.
Birdie n’a peut-être pas seulement été recrutée pour servir de demoiselle de compagnie, mais aussi pour devenir la « suivante sur la liste » : la dernière d’une longue lignée de jeunes femmes attirées au manoir comme des papillons dans une plante carnivore. En répondant à la petite annonce, a-t-elle signé son arrêt de mort ?

Merci Robert Laffont
Je dois dire qu’il me tardait de découvrir cette nouvelle saga de Victor Dixen, c’est un auteur qui a marqué ma vie de lectrice avec sa saga Phobos. Une saga que j’ai lue un peu après tout le monde, il y a quatre ans, mais qui m’a profondément marquée.
Ici, nous sommes bien loin de l’univers de Phobos, mais l’univers est tout aussi incroyable, bien qu’un peu plus effrayant et oppressant. D’ailleurs, c’est sa première saga qui n’est pas classée en jeunesse.
Nous suivons l’histoire à travers les yeux de l’héroïne Birdie, renvoyée de Columbia. Elle ne veut surtout pas rentrer dans sa campagne natale, mais elle n’a presque plus d’économies. Elle tombe alors sur une offre d’emploi providentielle : devenir la suivante d’une dame dans le Rhode Island, plus précisément à Eversand, une presqu’île dont elle n’a jamais entendu parler avant. Et pour cause, en allant passer l’entretien d’embauche, elle va vite comprendre que ce lieu est spécial et surtout est tenu bien caché des touristes et autres personnes étrangères à Eversand. Arrivée au manoir, qui a, d’ailleurs, plus des allures de château, Birdie va se rendre compte que dans cet endroit on vit à l’ancienne. Elle qui est fan de tout ce qui tourne autour du XIXᵉ siècle, elle va être servie… Dès la première nuit, elle va découvrir des coutumes un peu étranges, mais ce n’est que le début. Plus les jours vont passer, plus Birdie va se rendre compte qu’elle est peut-être en danger et que cette offre d’emploi ressemble plus à l’enfer qu’au paradis qu’elle imaginait en arrivant…
Après cinq ans à étudier intensivement le français, je suis devenue quasiment bilingue. J’ai pu lire dans le texte mes auteurs favoris : Victor Hugo, bien sûr, mais aussi Chateaubriand, Gérard de Nerval, Alfred de Vigny, Charles Beaudelaire…J’ai toujours eu un faible pour la littérature du XIXe siècle. Et ce lieu enchanteur, Eversand Hall, semble tout droit sorti de ces pages.
Mon ressenti global sur ce livre ? J’ai eu la trouille tout du long, ce livre est vraiment immersif et la petite flipette en moi n’en menait pas large. Il faut dire que Victor Dixen nous plonge dans cette ambiance bien sombre et oppressante dès le prologue, on connaît la couleur directement… et d’ailleurs, je ne verrai plus du tout les mouches de la même façon.
Cette ambiance oppressante et un peu flippante (pour moi) est là du début à la fin, j’ai été partagé entre mon appréhension face à ça et l’additivité que ça entraîne. J’ai eu vraiment du mal à poser le livre, je voulais tellement avancer dans l’histoire, savoir ce qu’allait vivre et découvrir l’héroïne.
D’ailleurs, je l’ai adorée, cette héroïne, elle est très intelligente, empathique et a le souci de bien faire. Elle est bien loin d’être naïve et se rend vite compte que des choses ne tournent pas rond. Très vite, elle va comprendre comment se mettre le plus en sécurité possible mais surtout, elle va essayer de comprendre ce qui se trame dans ce manoir. Je me suis vite attaché à elle, ce qui fait que j’ai eu vraiment peur qui lui arrive quelque chose dans cet endroit de malheur.
J’ai aussi aimé certains personnages secondaires comme Ronan, Carlita et la bibliothécaire (j’espère la retrouver dans les prochains tomes). On a envie d’en savoir plus sur l’histoire, mais aussi sur ces personnes qui vivent depuis toujours à Eversand. On a un début de réponses dans ce premier tome, mais j’ai hâte d’en savoir plus, surtout avec cette fin…
Et puis il y a la famille Rosemore et ses secrets. Ce sont des personnages que j’ai détestés, ils sont hautains, prennent le personnel pour des meubles. Les hommes considèrent les femmes comme leur propriété, leur façon de penser est vraiment archaïque. Au fil de l’histoire, on retrace un peu le parcours de cette famille, le patriarche, qui a fait fortune à l’âge d’or et a décidé de prendre ce bout de terrain occupé seulement par la nature et de se l’approprier, mais à quel prix ?
Le manoir et ses secrets sont presque un personnage à part entière de l’histoire, il abrite des phénomènes étranges, des secrets bien enfouis depuis plusieurs générations. Un manoir d’aspect néogothique, un thème qui revient d’ailleurs beaucoup dans l’histoire. Tout tourne un peu autour de cette ambiance roman gothique, et j’ai trouvé ça vraiment très original, ça change vraiment de ce qu’on peut lire habituellement.
J’ai trouvé l’univers très immersif, attention, une fois commencée, il est difficile de s’arrêter. Le fait que ce soit écrit à la première personne rend la chose encore plus forte pour moi, on avance dans les pas de Birdie, on découvre avec elle, on a peur avec elle, on veut s’enfuir avec elle. Tout est plus fort, plus prenant avec un point de vue comme ça. J’ai eu ce sentiment d’oppression pendant toute ma lecture (j’aime bien de temps en temps), l’auteur manie à merveille les mots pour nous faire ressentir de l’angoisse et de la fébrilité, il nous fait douter de ce que Birdie voit et nous avec elle. Bref, l’ambiance est, je pense, un des points forts de ce livre.
Je ne m’étendrai pas dans cette chronique, j’ai trop peur de vous révéler des choses importantes. C’est encore mieux si vous les découvrez par vous-même parce que ce premier tome lance une saga qui a l’air encore une fois superbe. Une saga qui casse des codes et nous fait remonter le temps.
Je frissonne en songeant que ces saletés de mouches semblent accompagner la matriarche des Rosemore partout où elle va. Ce sont elles, les véritables suivantes de Bellamira Sa Majesté des mouches et sa répugnante escorte.
Une saga qui commence très fort, un prologue qui nous plonge directement dans l’ambiance de la saga. Une ambiance très sombre, oppressante, remplie de secrets et de mystères, voilà qui est très prometteur. Je suis effrayée avec un rien, alors je dois dire que je n’étais pas sereine pendant toute ma lecture, surtout que l’univers est très immersif. Principalement, puisque l’on voit les choses avec la vision de Birdie, l’héroïne, qui débarque dans cet étrange manoir et cette presqu’île tout aussi étrange, où le temps et la météo semblent fonctionner différemment que sur le continent. J’ai adoré l’héroïne, elle est humaine, vraie, sensible et loin d’être bête. Elle va vite comprendre que quelque chose se trame et aussi comprendre comment se protéger au maximum. J’ai aussi aimé les personnages secondaires que j’ai hâte de découvrir encore plus dans les prochains tomes comme Ronan ou encore la bibliothécaire d’Eversand. C’est une saga qui, à l’image de son manoir, est très axée sur le roman gothique. Une vie comme au XIXè siècle, avec un peu d’épouvante et de surnaturel, un peu de romantisme et beaucoup de mystères. Ce premier tome nous apporte quelques réponses, mais on est loin de pouvoir percer tous les mystères d’Everland, de son manoir et de ses habitants, les Rosemore (qui sont exécrables). Un livre dans lequel on ne sait pas à qui on peut se fier, je n’ai pas réussi à savoir qui étaient les gentils ou les méchants au fond. En-tout-cas, une chose est sûre, c’est un premier tome avec une ambiance oppressante, pleine de mystères et de frayeur qui ne peut pas laisser indifférent et qui est vraiment très addictif, je n’ai pas vu défiler les pages. Un premier tome qui m’a embarqué dès les premières pages, heureusement que j’ai le second tome dans ma pal. Parce que c’est aussi ça le point fort de cette saga, les quatre tomes sortent à des dates très rapprochées, aucune excuse pour ne pas pousser les grilles d’Eversand Hall…