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Le voyage de mille lieues – Léonie Bloom

Titre : Le voyage de mille lieues

Auteur : Léonie Bloom

Édition :  HarperCollins

Genre : Contemporain

Pages :  565

Parution :  20 mai 2026

Deux femmes. Deux époques. Une traversée pour devenir soi-même.

Paris, de nos jours. À vingt-six ans, Colombe a l’impression d’avoir raté sa vie. Fleuriste accablée par un manque de confiance chronique, elle étouffe dans un quotidien qui ne lui ressemble pas. Lorsqu’elle perd son emploi, l’urgence de fuir devient vitale, et elle rejoint la terre brute du cap Sizun, en Bretagne. Là-bas, à la « ferme des Rêveurs », elle espère trouver un nouveau sens à son existence, loin des attentes maternelles et des jugements de la société.

Un siècle plus tôt, sur cette même côte bretonne, une autre vie se joue. Yvonne, sardinière au caractère bien trempé, use sa santé dans les usines de poisson pour un salaire de misère. Femme de convictions, elle s’engage corps et âme dans les grèves historiques des Penn Sardin, prête à tout pour offrir un avenir meilleur à sa fille.

De la lutte ouvrière des Années folles à la résistance de 1940, une lignée de femmes indomptables se dessine en filigrane du parcours de Colombe. Porté par une écriture lumineuse et profondément humaine, Le Voyage de mille lieues mêle avec justesse quête de soi et saga familiale historique.

Merci HarperCollins

Après avoir adoré le premier livre de Léonie que j’avais découvert en autoédité, j’avais vraiment hâte de découvrir son nouveau livre.

Encore une fois, je me suis régalée, même si j’ai une préférence pour les passages dans le passé, j’ai aussi beaucoup aimé le présent.

Dans le présent, nous suivons Colombe, une jeune femme un peu maladroite souffrant de prosopagnosie. Elle est fleuriste et habite un petit appartement parisien. Mais elle n’est pas vraiment épanouie dans cette vie. Elle n’arrive pas à garder un emploi et elle est sous l’emprise de sa mère toxique. Sa vie va encore devenir plus désespérante avec l’arrivée d’un nouveau voisin insupportable. Alors quand sa nouvelle amie lui propose de partir avec elle un mois en woofing au cap Sizun, elle fait ses valises. Elle n’a jamais mis les pieds en Bretagne et encore moins mis les mains dans la terre. Alors ce séjour s’annonce déroutant. Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est que ce séjour changerait sa vie…

Elle doit être patiente. Comme la graine qui attend le bon moment pour germer.

J’ai adoré l’héroïne de cette histoire, Colombe est très attachante, j’ai eu envie de la consoler, mais aussi de la secouer, j’avoue. Colombe est une belle personne, douce, gentille, courageuse. Mais elle a été élevée par une mère toxique et ça se ressent. Elle manque cruellement de confiance en elle et surtout, on voit bien l’emprise qu’elle a sur elle, même à son âge. J’ai beaucoup aimé l’évolution de l’héroïne. Au départ très réservée, elle se laisse marcher sur les pieds par à peu près tout le monde. Elle n’ose rien dire, rien faire, que ce soit avec sa mère ou Soazig au woofing. Dès que quelqu’un a un caractère plus fort que le sien, elle s’efface. Mais en allant à la Ferme des rêveurs, elle va prendre de l’assurance. Elle va découvrir l’agriculture, mettre les mains dans la boue, avoir des courbatures et construire ses rêves.

Les personnages secondaires ont également un rôle très important dans cette histoire, je les ai tous beaucoup appréciés, bon, j’avoue, j’ai eu un peu plus de mal avec Soazig, mais en découvrant son histoire, je l’ai appréciée un peu plus. J’ai adoré les amies parisiennes de Colombe, Gala et Aimée, puis Inès. J’ai adoré les habitants de l’écohameau du Cap-Sizun, Élodie et Jean-Yves et les autres qu’on voit moins.

D’ailleurs, j’ai adoré l’ambiance du woofing, la façon dont ils voient les choses, que ce soit l’écologie, l’agriculture ou l’humain tout simplement. On s’y sent bien, on a l’impression d’y être. En plus dans ce paysage incroyable du Finistère que j’aime beaucoup. À deux pas de la pointe du Raz, il faut d’ailleurs que je découvre Feunten Aod… Un lieu qui a l’air incroyable et chargé d’histoire. Merci Léonie pour la découverte.

On a vraiment l’impression d’être en Bretagne, les paysages sont merveilleusement bien décrits, on sent l’iode, on voit la lande, on parcourt les chemins creux, bref, ma Bretagne comme je l’aime.

Et d’ailleurs dans ce livre, l’autrice remonte l’histoire de la Bretagne avec beaucoup de moments historiques. Grâce à son héroïne Yvonne, née à l’aube du XXᵉ siècle, on remonte petit à petit les batailles bretonnes. En commençant par les grèves des sardinières de Douarnenez. Un fait historique, très marquant dans notre région, que je connaissais déjà, mais j’ai adoré cette immersion dans l’histoire, au plus près de ces femmes qui étaient sacrément fortes et courageuses. Elle nous parle aussi de la Seconde Guerre mondiale et des petits actes de résistance des Capistes. Puis plus récemment de la bataille des habitants de Plogoff contre l’arrivée d’une centrale nucléaire dans les années 80. Ça, je dois dire que je n’en ai jamais entendu parler.
En-tout-cas, j’ai adoré cette famille de femmes battantes et révolutionnaires, une sacrée lignée familiale.

L’héritage, ça doit être un terreau, pas une cage.

L’autre sujet fort dans ce livre, c’est l’agriculture. Sous toutes ses formes, que ce soit de l’élevage animal, du maraîchage, de la production d’herbes médicinales ou encore de la floriculture.

L’autrice nous parle d’agriculture de masse, de la pression, des conséquences. Mais aussi de la culture plus traditionnelle, plus ancienne, sans gros tracteur ni pesticide.
Dans tous les cas, elle évoque la difficulté de cette branche, et j’ai trouvé ça très bien traité, bienveillant, ça fait réfléchir.

La plume de Léonie est toujours aussi belle, j’ai relevé vraiment beaucoup de citations au cours de ma lecture. C’est doux, c’est beau, ça fait réfléchir, il y a de l’émotion…

Ce n’est pas le bout du monde.
C’est le commencement,là où les rêves s’enracinent.

J’ai adoré cette lecture, une nouvelle fois, j’ai dévoré ce livre. J’aime particulièrement la plume de Léonie qui fait voyager (en Bretagne), qui nous fait réfléchir, qui nous rappelle l’histoire, tout ce que j’aime. J’ai beaucoup aimé Colombe, l’héroïne, même si parfois, j’ai eu envie de la secouer, on voit vite d’où vient son manque d’assurance et d’estime d’elle… Mais Colombe est douce, gentille et courageuse, elle ne recule pas devant l’effort. Au fil de l’histoire, elle va commencer à s’émanciper de ce que les autres attendent d’elle, elle va gagner en liberté, en autonomie, en confiance et ses rêves vont commencer à se dessiner. C’est un livre qui, par cette ferme des rêveurs, nous parle beaucoup d’agriculture, d’agriculture de masse ou d’agriculture respectueuse des terres et de l’environnement et surtout de la difficulté du milieu. Une belle réflexion, très intéressante et originale, tout ça amené avec beaucoup de bienveillance.
Ce que j’ai adoré encore une fois, ce sont les passages historiques. Dans ce livre, nous remontons à la fin du XIXᵉ siècle avec différentes batailles menées par une sacrée lignée de femmes. Des premières grèves des sardinières de Douarnenez ( bien connue dans ma région) à la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale ou encore la défense de Plogoff contre l’implantation d’une centrale nucléaire. Des moments historiques forts qu’il faut rappeler, j’ai adoré cette plongée dans cette famille de femmes exceptionnelles.
L’immersion en Bretagne est totale, la pointe du Raz, la baie des Trépassés, l’iode, le vent et la lande.
C’est une histoire qui est très belle, très humaine, elle nous parle d’émancipation, de liberté, de quête de soi. Une belle histoire de femmes qui se battent pour leur terre et pour ce en quoi elles croient.

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